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Complémentaire santé d’entreprise : trois mois décisifs pour les assureurs

D’après une enquête réalisée en juillet par le Crédoc pour le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) et présentée en fin de semaine dernière, 28 % des entreprises n’avaient pas mis en place une complémentaire santé pour leurs salariés.

D’après April, 300.000 TPE n’en seraient toujours pas pourvues, à trois mois de la généralisation des contrats collectifs. Le niveau de garanties achetées par les entreprises pour leurs salariés serait meilleur que prévu selon certains assureurs.

C’est le rush final pour les assureurs santé. A moins de trois mois de la généralisation de la complémentaire d’entreprise à tous les salariés du privé (ANI), ils escomptent tous un dernier trimestre prolifique sur le plan commercial. La course pour aller démarcher les entreprises concernées par l’ANI – des structures de petite taille, pour la majorité d’entre elles – a déjà commencé depuis des mois, avec des offres tarifaires défiant parfois toute concurrence. A l’approche du 1er janvier 2016, la compétition devrait redoubler d’intensité. « On n’a encore rien vu », résume Yanick Philippon, en charge du segment assurances collectives de la clientèle des entreprises chez Generali France, qui a déjà vendu 11.000 contrats en 2015, après en avoir engrangé 7.000 l’an passé.

Combien d’entreprises reste-T-il à équiper ?

Les réponses sont très variables d’une étude à l’autre. D’après une enquête réalisée en juillet par le Crédoc pour le Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP) et présentée en fin de semaine dernière, 28 % des entreprises n’avaient pas mis en place une complémentaire santé pour leurs salariés. « On estime à 300.000 le nombre de TPE qui ne seraient pas encore équipées, ce qui représente environ 2 millions de salariés », avance pour sa part Françoise Louberssac, directrice générale d’April Entreprise Prévoyance. Pour l’heure, « nous constatons, au travers de nos flux d’affaires, que l’ANI ne semble pas être la priorité des TPE. Les dirigeants se renseignent, demandent des devis, mais n’ont pas encore pris leur décision, ajoute-t-elle. Nos flux en assurances collectives viennent actuellement pour l’essentiel de reprises de contrats à la concurrence ou de nos offres conventionnelles répondant aux exigences des accords de branche. »

Malgré le matraquage publicitaire sur l’ANI, « la prise de conscience est assez variable dans les petites entreprises », analyse Claude Zaouati, directeur général d’Aviva Assurances, dont les deux tiers des agents généraux ont déjà réalisé au moins un contrat collectif.

 

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Le marché a-t-il décollé ?

De fait, « les entreprises de 500 à 1.500 têtes sont passées à l’acte. Cela ne décolle en revanche pas du tout au niveau des micro-entreprises », soulignait Patrick Sagon, le président de La Mutuelle Générale, lors d’une récente rencontre avec l’Association nationale des journalistes de l’assurance.

Pour des raisons économiques évidentes, certains petits chefs d’entreprise attendraient la dernière minute. « Il y a un certain attentisme parce que le marché se structure d’abord autour des accords de branche, de manière plus importante qu’attendu. En 2015, il y a eu plus de 70 appels d’offres en santé alors qu’on n’en comptait auparavant qu’une dizaine par an. Un chef d’entreprise doit donc d’abord vérifier si sa branche va mettre en place un régime de frais de santé », souligne Philippe Dabat, directeur général délégué d’AG2R La Mondiale.

Le marché de la collective est en réalité très animé par l’adaptation des régimes existant au nouveau cadre des contrats dits « responsables » (qui doivent respecter de nouveaux planchers et plafonds de remboursement pour conserver leurs avantages fiscaux). « Ils offrent des garanties moins élevées sur l’hospitalisation. Cela nécessite donc la mise en place de surcomplémentaires pour compenser la baisse de couverture », insiste Charles Robinet-Duffo, le PDG du courtier Henner.

Les entreprises se couvrent-elles a minima ?

C’était la grande interrogation. Les entreprises allaient-elles se contenter du socle minimal prévu par l’ANI ou aller au-delà ? D’un assureur à l’autre, les retours sont assez différents. Generali France fait ainsi état d’une bonne nouvelle : « Nous avons 6 formules différentes. Jusqu’ici, les entreprises partent sur des niveaux de garanties plutôt élevés, même si nous notons une petite inflexion en ce moment », indique Yanick Philippon. Même agréable surprise chez Allianz France : « La prime moyenne est plus élevée qu’attendu. Cela veut dire que les assurés ont pris des renforts en plus de la couverture de base souscrite par leur entreprise », soulignait Jacques Richier, son PDG, la semaine dernière dans une interview aux « Echos ». A contrario, Aviva France est, lui, « plutôt sur des contrats minimums, mais nous arrivons à vendre aussi un contrat de prévoyance collectif dans plus de 20 % des cas ».

Quid des entreprises qui n’auraient pas pris un contrat santé le 1er janvier 2016 ?

Elles ne risquent a priori pas grand-chose. Aucune amende n’est en effet prévue en cas de non-respect de cette obligation. Dans l’immédiat, le principal risque pour l’employeur qui ne proposerait pas de complémentaire santé à cette date serait que le salarié le traîne aux prud’hommes. De l’avis général, toutes les entreprises ne devraient pas être équipées à la date butoir du 1er janvier 2016. La mise en place de l’ANI « va s’étaler sur une période plus longue qu’on ne l’avait imaginée », prévient Patrick Sagon. Le début d’année 2016 s’annonce donc lui aussi actif.

Source:www.lesechos.fr

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